La Provence produit des miels très différents selon l’altitude, le sol et la saison : lavande des plateaux, thym et garrigue des collines calcaires, châtaignier des massifs siliceux, fleurs d’altitude des Préalpes, miellats de forêt. Voici comment lire ces terroirs, et comment nous choisissons nos six miels.
De la côte aux sommets des Alpes-de-Haute-Provence, la végétation change tous les 300 mètres. Les apiculteurs provençaux pratiquent souvent la transhumance : les ruches suivent les floraisons, de la garrigue au printemps jusqu’aux plateaux de lavande en juillet, puis parfois en montagne à la fin de l’été. C’est cette diversité qui rend possible six miels aussi différents sur quelques dizaines de kilomètres.
Entre 500 et 1 100 mètres d’altitude, les plateaux de Valensole, de Sault et d’Albion concentrent l’essentiel des champs de lavande et de lavandin. La floraison va de la mi-juin au début août. Le miel de lavande qui en sort est clair, doux, très floral, et cristallise vite en une texture crémeuse. Notre article sur les meilleures récoltes de miel de lavande détaille les différences entre ces plateaux.
Sur les sols calcaires et secs du Luberon, des Alpilles, de la Sainte-Victoire ou du Var intérieur, le thym, le romarin, la sarriette et le ciste fleurissent du printemps au début de l’été. Deux miels en viennent : le miel de thym, ambré, puissant, réservé aux années où le thym sauvage donne assez de nectar, et le miel de garrigue, polyfloral, rond et onctueux, qui mêle toutes ces floraisons.
Le châtaignier ne pousse pas sur le calcaire. En Provence, on le trouve dans le massif des Maures et sur ses contreforts, où il fleurit en juin et juillet. Le miel de châtaignier est foncé, boisé, légèrement tannique et amer, l’un des plus riches en minéraux. Il reste liquide longtemps.
Au-dessus de 1 000 mètres, dans les Préalpes de Digne, du Verdon ou de la haute vallée de la Durance, les prairies et les landes fleurissent tard et brièvement. Le miel de montagne est un polyfloral d’altitude, complexe, fruité, dont la couleur varie d’une année à l’autre selon les fleurs dominantes.
Le miel de forêt ne vient pas des fleurs mais du miellat : une sécrétion sucrée déposée sur les feuilles et les aiguilles des chênes, des pins et des sapins, que les abeilles récoltent quand les floraisons se font rares. Sombre, intense, aux notes maltées et de réglisse, il est pauvre en glucose et cristallise lentement.
Un miel est le résultat d’une année : la pluie du printemps, la chaleur de juin, le vent pendant la floraison. Le miel de lavande 2026 ne sera pas exactement celui de 2025, et c’est normal. Nous goûtons chaque récolte avant de la sélectionner, et nous préférons ne pas proposer un miel une année plutôt que de le remplacer par un miel d’ailleurs.
Nous ne produisons pas : nous sélectionnons, auprès d’apiculteurs partenaires installés en Provence, des miels récoltés à maturité, extraits à froid, jamais chauffés ni mélangés. Six miels, un par terroir, en pots de 300 g. Pour les comparer, la collection complète permet une dégustation du plus clair au plus foncé.
Le miel de lavande, par sa notoriété et ses volumes. Mais le miel de thym, plus rare et plus puissant, est celui que les connaisseurs recherchent en priorité.
Un miel monofloral provient majoritairement d’une seule espèce (lavande, thym, châtaignier) : les ruches sont posées au cœur de la floraison et récoltées juste après. Un polyfloral (garrigue, montagne, forêt) mêle plusieurs sources de nectar ou de miellat ; son goût est plus complexe et varie davantage selon les années.
Garrigue et thym au printemps et en début d’été, lavande et châtaignier en juillet, montagne en fin d’été, forêt selon les années de miellat, souvent en été ou à l’automne.