Calendrier des récoltes de miel en Provence, mois par mois
En Provence, les récoltes de miel s’étalent du printemps à l’automne. Le romarin et les bruyères ouvrent la saison près du littoral, le thym et la garrigue suivent d’avril à juin dans les collines, le châtaignier fleurit en juin et juillet dans les Maures, la lavande de la mi-juin au début d’août sur les plateaux, puis viennent les miels de montagne en fin d’été et les miellats de forêt, selon les années. Ces dates sont des repères : l’altitude et la météo de l’année les décalent souvent de plusieurs semaines.
Qu’est-ce qu’une miellée ?
La miellée est la période pendant laquelle une ressource abondante permet aux abeilles de rapporter plus de nectar, ou de miellat, que la colonie n’en consomme. C’est elle qui remplit les hausses, ces caisses posées au-dessus du corps de ruche dans lesquelles l’apiculteur prélève le miel.
Une floraison spectaculaire ne garantit pas une miellée. La plante doit aussi sécréter du nectar, ce qui dépend de la chaleur, de l’humidité du sol et du vent. Un champ de lavande bien violet peut ainsi rester décevant pour les abeilles une année sèche.
Le miellat est l’autre grande source de miel. C’est un liquide sucré rejeté par de petits insectes, comme les pucerons ou les cochenilles, qui se nourrissent de la sève des arbres. Les abeilles le récoltent sur les feuilles et les aiguilles, notamment des chênes et des pins. Il donne des miels sombres, à la récolte irrégulière.
Pour obtenir un miel monofloral, l’apiculteur pose ses hausses au début d’une floraison dominante et les retire à la fin, avant que les abeilles ne passent à d’autres fleurs. Le calendrier des floraisons est donc au cœur de son travail.
Pourquoi le calendrier change-t-il avec l’altitude ?
En Provence, quelques dizaines de kilomètres séparent le bord de mer des premières montagnes. Chaque étage d’altitude fleurit à son heure, et la saison remonte peu à peu vers les reliefs à mesure que le printemps avance.
- Le littoral et les massifs côtiers : les floraisons commencent tôt, dès la fin de l’hiver, avec le romarin et les bruyères. Le miel de romarin est l’un des premiers de l’année. Dans les Maures, plus fraîches, les châtaigniers fleurissent en juin et juillet.
- Les collines calcaires : c’est le domaine de la garrigue, avec le thym, le romarin, les cistes et de nombreuses petites fleurs sauvages. Les principales floraisons ont lieu d’avril à juin.
- Les plateaux de 500 à 1 100 m : Valensole, le pays de Sault, le plateau d’Albion. La lavande et le lavandin y fleurissent de la mi-juin au début d’août, d’autant plus tard que l’on monte.
- Les Préalpes, au-delà de 1 000 m : prairies, lisières et sous-bois fleurissent en plein été. Les miels de montagne se récoltent en fin de saison.
Cet étagement permet aux apiculteurs de suivre les floraisons en déplaçant leurs ruches : c’est la transhumance. Une même colonie peut butiner le thym des collines au printemps, puis la lavande des plateaux en été. Chaque milieu a son caractère, que nous présentons sur notre page consacrée aux terroirs du miel en Provence.
Pourquoi une année ne ressemble-t-elle pas à la précédente ?
Après l’altitude, c’est la météo qui décide.
- La pluie de printemps : un hiver et un printemps arrosés donnent des plantes vigoureuses et, souvent, des floraisons généreuses. Mais des pluies prolongées pendant la floraison empêchent les abeilles de sortir.
- La sécheresse : sans eau dans le sol, les fleurs sécrètent peu de nectar, même quand elles sont bien visibles. Une sécheresse précoce peut écourter la saison du thym ou de la lavande.
- Le mistral : ce vent fort et sec gêne le vol des abeilles et dessèche les fleurs. Plusieurs jours de mistral en pleine floraison peuvent réduire nettement une récolte.
- Les écarts de température : un froid tardif retarde les floraisons, une chaleur précoce les avance et les raccourcit.
Les dates qui suivent sont donc des repères typiques, pas un programme. Un même miel peut être récolté avec deux ou trois semaines d’écart d’une année sur l’autre, et certains, comme le miellat de forêt, peuvent manquer complètement.
Le calendrier des récoltes, mois par mois
Le tableau résume, de février à octobre, les principales ressources, les miels concernés et les travaux au rucher. De novembre à janvier, les colonies hivernent sur leurs réserves et l’apiculteur intervient peu.
| Mois | Floraisons et miellats principaux | Miels concernés | Travaux au rucher |
|---|---|---|---|
| Février | Romarin et amandiers près du littoral, premières fleurs sauvages | Romarin (récolte rare si tôt) | Contrôle des réserves en soupesant les ruches, sans ouverture prolongée |
| Mars | Romarin, bruyères des massifs côtiers, arbres fruitiers | Romarin, bruyère | Visites de printemps : état du couvain, présence de la reine, réserves |
| Avril | Fin du romarin, début du thym dans les collines, fleurs de garrigue | Romarin, thym, garrigue | Pose des premières hausses sur les secteurs précoces, surveillance de l’essaimage |
| Mai | Thym, cistes et fleurs de garrigue ; robinier (acacia) dans certaines vallées | Thym, garrigue | Pose des hausses, prévention de l’essaimage, premières récoltes de printemps |
| Juin | Fin de la garrigue, châtaignier dans les Maures, début de la lavande et du lavandin à la mi-juin | Thym, garrigue, châtaignier | Récolte des miels de printemps, transhumance vers les lavandes |
| Juillet | Pleine floraison des lavandes sur les plateaux, fin du châtaignier, flore d’altitude | Lavande, châtaignier, montagne | Récolte du châtaignier, suivi des ruchers transhumés, accès à l’eau |
| Août | Fin de la lavande en altitude au début du mois, flore de montagne, miellats possibles | Lavande, montagne, forêt | Récolte de la lavande, redescente des ruches, extraction, lutte contre le varroa après la dernière récolte |
| Septembre | Miellats de chênes et de pins selon les années, lierre, dernières fleurs de montagne | Montagne, forêt | Dernières récoltes, extraction, bilan des réserves |
| Octobre | Lierre, arbousier dans les massifs côtiers, miellats certaines années | Forêt (selon les années) | Préparation de l’hivernage : réserves suffisantes, entrées réduites, surveillance du frelon asiatique |
Les six miels de notre sélection suivent ce calendrier. Le miel de thym et le miel de garrigue viennent des collines au printemps, le miel de châtaignier du début de l’été, le miel de lavande des plateaux en plein été. Le miel de montagne arrive en fin de saison, et le miel de forêt, issu des miellats de chênes et de pins, dépend de l’année, le plus souvent entre l’été et l’automne.
Quand les miels arrivent-ils en pot ?
Le miel n’est pas mis en pot le jour de la récolte. Après le retrait des hausses, l’apiculteur désopercule les cadres, c’est-à-dire qu’il retire la fine couche de cire qui ferme les alvéoles, puis il extrait le miel par centrifugation. Le miel est filtré pour retenir les particules de cire, puis il repose quelques jours en maturateur : les bulles d’air et les dernières impuretés remontent en surface et sont retirées. Vient alors la mise en pot.
Il y a donc toujours un décalage entre la floraison et le pot. Un miel de printemps peut être disponible dès l’été, un miel de lavande plutôt à partir de la fin de l’été, et les miels de montagne et de forêt à l’automne.
Notre gamme se renouvelle à chaque récolte. Nous sélectionnons chaque année six miels récoltés en Provence par des apiculteurs partenaires, crus, extraits à froid, jamais pasteurisés ni mélangés. Lorsqu’une saison est mauvaise, un miel peut manquer ou n’être proposé qu’en petite quantité jusqu’à la récolte suivante. Une fois en pot, un miel cru évolue aussi : il finit par cristalliser, plus ou moins vite selon son origine florale.
Questions fréquentes
Quand récolte-t-on le miel de lavande en Provence ?
La lavande et le lavandin fleurissent sur les plateaux de Provence de la mi-juin au début d’août, plus tard en altitude. Le miel de lavande est récolté à la fin de la floraison, le plus souvent entre juillet et août, puis extrait et mis en pot après quelques jours de repos.
Qu’est-ce qu’une miellée ?
Une miellée est la période pendant laquelle une floraison ou un miellat abondant permet aux abeilles de rapporter plus qu’elles ne consomment. C’est pendant la miellée que les hausses se remplissent et que l’apiculteur peut récolter du miel sans priver la colonie de ses réserves.
Quel est le premier miel de l’année en Provence ?
Près du littoral, le romarin et les bruyères fleurissent dès la fin de l’hiver et donnent souvent les premiers miels de l’année. Ces floraisons servent aussi à relancer les colonies au printemps, si bien que la récolte reste modeste et dépend beaucoup de la météo.
Pourquoi un miel peut-il manquer certaines années ?
Une sécheresse, un printemps trop pluvieux, un froid tardif ou plusieurs jours de mistral pendant la floraison peuvent réduire fortement une récolte. Comme chaque miel provient d’une floraison précise, une mauvaise saison peut le rendre rare ou indisponible jusqu’à l’année suivante.
Le miel de forêt se récolte-t-il tous les ans ?
Non. Le miel de forêt provient du miellat produit par de petits insectes sur les chênes et les pins, et sa présence varie beaucoup selon les années. Certaines saisons donnent une belle récolte, le plus souvent entre l’été et l’automne, d’autres presque rien.